L’équipe Bee’Onde a eu le plaisir de contribuer à 2 évènements au printemps 2021 sur la thématique du sens au travail. Cela nous donne l’occasion de partager nos convictions au travers de cet article. Vous trouverez au bas de cet article le lien vers le replay des 2 évènements.

En préambule, empruntons à Florence V. Directrice Financière, sa définition du sens au travail : 

  • C’est d’abord le cap, la ligne directrice de l’entreprise et/ou de son service
  • C’est aussi la signification de son travail, son utilité et sa valeur : à quoi sert ce que je fais, pour qui ?
  • C’est enfin ce qui fait sens pour soi, en lien avec ses valeurs personnelles

La fable de Charles Peguy (accessible en bas de l’article) souligne à quel point cette question du sens est subjective. Deux personnes travaillant sur le même poste, dans la même entreprise, évaluent de manière très différente, le sens qu’elles trouvent à leur travail. Et pour cause, chacune a son histoire, ses valeurs, ses leviers de motivations ou ses propres aspirations.

Notons toutefois que si la quête de sens au travail concerne tout le monde, les générations Y et Z ont sans doute plus de facilités à exprimer leurs besoins que leurs aînés.

Les difficultés que rencontrent les entreprises pour recruter, engager, et fidéliser en conduisent certaines à s’engager dans la co-construction de leur raison d’être. Cette finalité devient clé aujourd’hui, à la fois source d’aspiration et principe directeur.

” Il est dans la nature humaine de rechercher la finalité, c’est-à-dire de trouver un sens à ce qu’on fait, un but qui dépasse notre propre condition. »

DANIEL PINK,  AUTEUR DE « LA VÉRITÉ SUR CE QUI NOUS MOTIVE »

Ainsi, Amandine M., ingénieure en génie des procédés avec une spécialisation en thermique énergétique témoignait lors de l’évènement “Regards Croisés sur le sens” du 27 mai dernier,. Elle a partagé la motivation qui l’a guidée tout au long de ses études et lors de son choix professionnel tout récemment, de travailler dans le traitement des déchets pour contribuer à rendre la terre plus belle.

Il convient toutefois d’apporter quelques nuances :

  • Certaines organisations ont par essence, une raison d’être inspirante. Et pourtant force est de constater que cela ne suffit pas toujours ! La crise du Covid l’a bien mis en évidence autour des métiers du soin en particulier.
  • Par ailleurs, une raison d’être a priori inspirante sera sans effet, voire contre-productive si elle reste « hors sol », sans lien fort avec le travail au quotidien de chacun.
  • De la même manière, une organisation très centralisée, un management top down, une absence de dialogue sur la manière d’organiser le travail …. sont autant d’éléments qui rendraient caduque toute raison d’être, aussi inspirante soit-elle !

Une raison d’être inspirante est-elle une condition sine qua none pour permettre à l’entreprise d’engager les salariés vers un cap qui fasse sens pour eux ? Et d’ailleurs, toute entreprise peut-elle aisément se doter d’une raison d’être inspirante ? Peut-être pas si simple si l’exigence est positionnée sur « le service qu’elle rend au monde ».

Sans doute y a-t-il d’autres voies. Et si par exemple, le sujet n’était pas forcément lié à l’activité de l’entreprise mais à la manière dont elle fonctionne ? Si le défi de l’entreprise, quelque soit son activité, était de créer les conditions favorables pour que chaque salarié puisse trouver ce qui fait sens pour elle ou lui ?

« On est efficace lorsqu’on peut poser des actes concrets qui sont en conformité avec ses idéaux ou ses désirs »

J.C. CASALENGRO – PROFESSEUR EN MANAGEMENT ET DÉVELOPPEMENT DES RH À L’ESC CLERMONT FERRAND

Le dialogue est le vecteur qui permet de faire évoluer les idées et les représentations. C’est la condition sine qua non pour partager ses idées, sa manière de voir les choses nourrie de ses valeurs et de sa culture. C’est aussi le moyen d’écouter celles des autres, d’élargir son cadre de référence. Cela permet d’évacuer les non-dits, de verbaliser et de clarifier ce qui doit l’être, puis de se mettre d’accord sur la manière de fonctionner et de travailler ensemble.

L’entreprise peut choisir de baliser des lieux et des temps d’échanges, ce temps ne sera pas perdu comme on pourrait le penser. Il sera au contraire source d’énergie et de motivation, donc de performance.

Soulignons enfin le rôle clé du manager lorsqu’il partage et incarne le cap auprès de l’équipe ou encore lorsqu’il explique le contexte et donne du sens à l’action de manière authentique et transparente. Sa connaissance des tâches de l’équipe, la confiance et le soutien qu’il témoigne à chacun sont autant de leviers porteurs de sens.

Vous avez un projet ? vous souhaitez en savoir plus sur notre accompagnement ? contactez nous.

  • Evènement “Osons le sens au travail” organisé par Living’Orgs en avril 2021 et co-animé par Bee’Onde : Lien vers le replay : https://www.livingorgs.fr/2021/04/02/tablesrondes/
  • Evènement “Regards croisés sur le sens au travail” organisé par la DFCG au féminin Aura et co-animé par Bee’Onde le 27 mai 2021. Lien vers le replay :

Fable du bâtisseur de cathédrale

Charles Péguy se rendait à Chartres en marchant. Ce jour-là, il aperçoit un homme cassant des cailloux au bord de la route. Il frappe les cailloux rageusement à l’aide d’une grande masse. Son regard est dur, il est en colère. Péguy s’approche et interrompt le labeur de l’homme : « Que faites vous Monsieur ? »

« Vous voyez bien, je casse des pierres ! J’ai mal au dos, j’ai soif, j’ai faim. Mais je n’ai trouvé que ce travail pénible et stupide », Peguy lui souhaite bon courage et reprend sa route.

Il croise un peu plus loin, un autre casseur de cailloux. Son attitude est différente, son visage n’exprime pas de colère mais une certaine sérénité. Ses gestes sont fluides, paraissent moins forcés. Péguy lui pose la même question : « Que faites vous Monsieur ? »

« Je suis casseur de pierres, Monsieur. C’est un travail difficile. Mais il me permet de nourrir ma femme et mes enfants. Et puis je suis au grand air. Il y a sans doute des situations pires que la mienne. » Péguy le remercie et reprend son chemin.

Un peu plus loin, il croise un 3eme casseur de pierre. L’homme est souriant et abat sa masse avec enthousiasme. Péguy l’interroge « Que faites vous Monsieur ? »

L’homme pose sa masse, plonge un regard intense dans celui de Péguy et lance : « Moi, Monsieur, je bâtis une cathédrale ! »

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